Assif Amira­mesa

Après avoir atta­ché mon cheval sous la statue équine de la place Belle­cour, je me dirige vers mon dernier contact. Je retrouve un appar­te­ment déjà-vu, mais qui est désor­mais bien diffé­rent : l’odeur de thé est toujours là mais des briques de jus de fruits jonchent le sol, une console est allu­mée et la manette est tenue par un enfant avec un bonnet “Simba”. Ah non, c’est pas un enfant, c’est Assif.

Assif Amiramesa Lyon Improvisation Impro Comptoir Imaginaire
Photo réali­­­­­­­sée par Julien Emma­­­­­­­nuel (inspiré par Thomas O’Brien)

[I] Bonjour Assif, ca va tu es prêt pour l’in­ter­view ?
[A] Ca va pas mal ! Un peu dans le speed mais dans l’en­semble, je me sens bien.
[I] Alors, met pause sur la console et on attaque ! C’est quoi ta première expé­rience de scène ?
[A] Je me souviens de mon premier spec­tacle à l’es­pace gerson avec Et compa­gnie. J’avais fait une très belle tête de veau ! J’étais telle­ment fier de ma conne­rie !!!
[I] Une tête de veau, c’est dur à faire en plus ! Comment ça t’es venu de te mettre à l’im­pro ?
[A] Quand j’étais sur paris , j’au­rai telle­ment voulu en faire mais j’ai jamais eu le courage. Quand j’ai démé­nagé sur Lyon en 2009, l’en­vie était toujours là mais la salsa a pointé le bout de son nez. J’ai donc fait de la salsa avec mes colocs et le théâtre était loin de moi. Puis la ville rose m’a tendu les bras pour du boulot en 2010. Avant même mon instal­la­tion, j’ai pris rendez-vous avec Eric Sélard, le direc­teur de la bulle carrée. On a parlé pendant un long moment et on a abordé pas mal de sujets dont l’im­pro. J’ai donc pris la fiche d’ins­crip­tion et j’ai sauté le pas. Malheu­reu­se­ment, je n’ai fait que 6 mois. Le boulot me prenait telle­ment de temps et d’éner­gie que je devais arrê­ter. C’est en reve­nant sur Lyon en 2012 qu’E­ric me présente à Et compa­gnie et je décide de passer les essais pour inté­grer leurs cours hebdo­ma­daire. Bingo j’ai une place dans le cours du jeudi et je kiffffffffffffffffffffffff.
[I] Quelle histoire ! Donc tu entres dans le game de l’im­pro et puis un jour, BOUM, tu intègres le Comp­toir de l’Ima­gi­naire ! Cette troupe c’est quoi pour toi ?
[A] Le mot qui me vient en tête est soli­da­rité. J’ai fait leur régie pendant une saison et à chaque fois, j’avais le même senti­ment. Ils sont ultra soli­daires entre eux. Mais aussi c’est une troupe qui joue !! Un vrai régal à les voir sur scène ! Les perso font mouches sur le public mais surtout entre eux donc j’avais trop envie de parta­ger ça avec eux !
[I] Ça c’est émou­vant, non je pleure pas …
[A] C’est sincère donc laisse les larmes couler le long de ta joue !!!
[I] Je suis vrai­ment à fleur de peau avec toutes ces belles histoires que vous m’avez racon­tées… [Se mouche]

Assif Amiramesa Lyon Improvisation Impro Comptoir Imaginaire
Photo réali­­­­­­­sée par Julien Emma­­­­­­­nuel au Point Nommé

[I] On va parler concepts main­te­nant. Qu’est-ce que tu aimes parti­cu­liè­re­ment dans Et Si ?
[A] La rencontre entre les diffé­rents univers de chaque comé­dien·nes.
[I] C’est vrai que chacun à le sien [rires]. Et si tu devais propo­ser un Et si ce serait quoi ?
[A] Et si l’hu­ma­nité était dépour­vue d’émo­tions ? Je kiff être sur scène et vivre un laby­rinthe d’émo­tions avec mes parte­naires de jeux.
[I] Un laby­rinthe dans lequel il est bon de se perdre ! Deuxième format, Time­line, qu’est-ce qui t’y fait vibrer ?
[A] Bonne ques­tion !! Je l’ai pas encore joué. Ce qui me plaît dans ce format, c’est de bûcher sur la période choi­sie par le public.
[I] Ah oui, j’es­père que tu auras l’oc­ca­sion de le jouer. Est-ce qu’il y a une époque qui te passionne parti­cu­liè­re­ment ?
[A] La préhis­toire !! J’aime pas faire des phrases !! HEU HEU HEU !!!!
[I] Heu heu heu à toi aussi ! [Rires] Et t’au­rais aimé y vivre ?
[A] Non je suis trop douillet !!!
[I] Non mais j’de­mande parce que j’ai repéré un Retour­neur de Temps sur le Dark Net.
[A] Oh et ben j’irai ailleurs !!!
[I] Last but not least, le petit nouveau, qu’est-ce que tu penses de Direc­tors ?
[A] J’adore voir mes parte­naires de jeux subli­mer une idée que j’ai eu ! Je suis trop fier mais surtout bluffé par la science de l’im­prévu !!!
[I] As-tu un réali­sa­teur préféré, un qui t’ins­pire ?
[A] J’en ai telle­ment mais si je devais n’en choi­sir qu’un, je pren­drai Robert Zeme­kis. Il est touche à tout. Il peut faire des films drama­tiques, comé­die, d’aven­ture etc. Mais pour moi, la meilleure trilo­gie reste BACK TO THE FUTURE !
[I] T’au­rais aimé jouer un de ces rôles ?
[A] Biff Tannen
[I] Je suis certain que tu t’en serais bien sorti.
[A] Merci BANANE !!!
[I] Mais euh je suis pas une banane !

Assif Amiramesa Lyon Improvisation Impro Comptoir Imaginaire
Photo réali­­­­­­­sée par Julien Emma­­­­­­­nuel

[I] Et si tu devais choi­sir un seul de ces trois concepts, ce serait lequel ?
[A] Direc­tors. J’ai décou­vert l’im­pro diri­gée et main­te­nant je peux plus m’en passer !
[I] Merci de cet aveu. Promis, je le garde pour moi !
[A] SILENCE (consigne de moi en Direc­tors)
[I] Allez, dernier level avant la fin du game, c’est quoi tes envies du moment en impro ?
[A] Appro­fon­dir l’im­pro diri­gée et pourquoi pas faire un long form avec cette méthode.
[I] Un long-form d’im­pro diri­gée, en voilà un chal­lenge ! Hé ben écoute, merci l’ami, j’ai passé un excellent moment en ta compa­gnie. T’es un peu le boss de fin de ces inter­views [rires]. Un petit mot pour la fin, une morale à mes péré­gri­na­tions, une punchline trans­cen­dante ?
[A] JE NOUS SOUHAITE DE KIFFER CHAQUE INSTANT SUR SCÈNE ET HORS SCÈNE.
[I] Hahaha, enre­gis­tré ! Au revoir, encore merci et à bien­tôt sur scène !
[A] Ca m’a bien fait zizir ce temps passé ensemble ! On remet ça bien­tôt ?

Je décline malheu­reu­se­ment la propo­si­tion d’As­sif car désor­mais, mon travail touche à sa fin. Je range mon cale­pin dans ma sacoche, enfile ma veste, et file dans la rue. J’at­tends minuit pour m’in­tro­duire dans le parc de la tête d’Or. Une soucoupe volante s’ap­proche et je suis soulevé jusqu’à l’in­té­rieur dans un rayon de lumière attrac­teur. Je retrouve enfin mon crew à moi, riche de toutes ces entre­vues. Les humains sont pleins de surprises, mais il est temps, enfin, de rentrer chez moi.