Guillaume Bosco

Casquette, lunettes, survet, Guillaume Bosco se tient devant moi, adossé au mur. Assis sur une poubelle, je reprends mon souffle et tente de calmer mes émotions. Nous sommes dans une petite ruelle, cadre inso­lite mais néan­moins inti­miste pour une nouvelle inter­view.

Guillaume Bosco Lyon Improvisation Impro Comptoir Imaginaire
Photo réali­­­­sée par Julien Emma­­­­nuel (inspiré par Thomas O’Brien)

[I] Wesh Guigui !
[G] Bosco.
[I] Salut Bosco, ça va ? Tu te sens à l’aise ?
[G] … cette ques­tion me met mal à l’aise.
[I] Pour­tant tu as l’air vrai­ment confiant quand on te voit comme ça. Tu as dû décou­vrir la scène tôt ?
[G] Ma première scène de théâtre, je devais avoir entre 5 et 7 ans. Je jouais le renard dans une fable de la Fontaine. Je ne me rappelle pas de grand chose. Juste du dégui­se­ment. Un masque et beau­coup de bande­lettes de papier ou de tissu.
[I] Je suis en train d’ima­gi­ner tout ça dans ma tête et c’est beau­coup trop mignon. Je te vois avec un petit museau de renard en papier en train de décla­mer ton texte ! (rires) Qu’est-ce qui t’as amené à faire de l’im­pro ?
[G] Je voulais faire du théâtre en arri­vant à l’INSA. Quand j’ai entendu parler de l’im­pro, j’ai voulu y aller. Quand j’ai vu de l’im­pro, j’ai encore plus voulu y aller.
[I] C’est ce qui s’ap­pelle un coup de foudre ! Donc tu découvres l’im­pro, ça te plaît et puis un jour, boum ! Tu intègres le Comp­toir de l’Ima­gi­naire ! Que repré­sente cette troupe pour toi ?
[G] C’est la famille wesh.
[I] C’est beau ce que tu dis …
[G] Pourquoi tu pleures ?
[I] Je pleure pas, c’est de la trans­pi­ra­tion des yeux !
[G] T’es chelou biolo­gique­ment.

Guillaume Bosco Lyon Improvisation Impro Comptoir Imaginaire
Photo réali­­­­sée par Julien Emma­­­­nuel au Point Nommé

[I] (en se mouchant) Et donc, Et Si ? Qu’est-ce qui te fait kiffer dans ce concept ?
[G] Le fait d’évo­luer dans un monde diffé­rent à chaque fois !
[I] Cohé­rent ! Un Et Si que tu voudrais jouer à tout prix ?
[G] Et si ! « insère un truc sur les monar­chies euro­péennes » parce que c’est une époque qui me fait grave kiffer. Mes potos impro­vi­sa­teurs peuvent vali­der.
[I] Ah oui on m’avait déjà parlé de ta névrose monar­chique …
[G] C’est pas une névrose, c’est juste la période est objec­ti­ve­ment très inté­res­sante et a eu un impact sur la tota­lité de la société euro­péenne et mondiale que les gens sous-estiment géné­ra­le­ment, c’est tout !
[I] Si tu le dis, et dans Time­line, c’est quoi ta vibe ?
[G] Qu’on joue dans des époques diffé­ren­tes… Oui je me répète mais c’est bien la poly­va­lence.
[I] Polyva-quoi ?
[G] T’as pas de culture gros.
[I] Déso … J’en étais où moi ? Ah oui, une époque qui te plaît grave ?
[G] Mec, tu me fais répé­ter ! Le Moyen-Âge euro­péen et la Renais­sance.
[I] Pardon ! Et tu aurais aimé y vivre ou non ?
[G] Gros non j’au­rai été pendu direct ! Enfin si, mais unique­ment si j’avais été roi ou reine. Et genre ceux qui vivent bien et long­temps, pas ceux qui se font empoi­son­ner en looseD.
[I] C’est vrai que dans ces condi­tions, j’y vivrai bien aussi moi (rires). Last but not least, Direc­tors, c’est quoi que tu likes à donf dans ce format ?
[G] C’est du SHORT FORM et ça fait du bien.
[I] T’as un réal ou un film qui t’ins­pire quand tu le joues ?
[G] … j’ai pas de culture ? J’ai pas UN film en parti­cu­lier en fait.
[I] Entre nous, je sens que c’est un peu ton format préféré !
[G] Je pense qu’il y a beau­coup de travail inté­res­sant à faire.

Guillaume Bosco Lyon Improvisation Impro Comptoir Imaginaire
Photo réali­­­­sée par Julien Emma­­­­nuel

[I] Allez, une petite dernière pour la route comme je te sens bavard (rires) : si tu devais créer un nouveau concept là tout de suite avec le Comp­toir, ce serait quoi le point de départ ?
[G] Une paro­die des émis­sions de Stéphane Bern genre de Cape et d’épée. Et là, ça parle­rait … DES MONARCHIES EUROPÉENNES !
[I] (cri de stupeur) Un enthou­siasme débor­dant pour les monar­chies euro­péennes, c’est un bon résumé de notre entre­vue … Une réso­lu­tion pour 2019 ?
[G] Pas de réso­lu­tion gros.
[I] OK, alors ci-mer refré, à tobien

Je quitte la ruelle transi de froid mais serein. La pluie tombe. Je remonte le col de mon pardes­sus et avance selon le chemin que m’a indiqué Bosco. Je suis trempé jusqu’aux os quand j’ar­rive enfin à ma desti­na­tion de laquelle s’échappe une bonne odeur de thé …